On le sait, le facteur ethnique est fondamental aux Etats-Unis, dans de nombreux domaines. Cependant, je crois que l’on ne s’en étonne pas assez. Il me semble que la résistance au temps d’un terme comme celui de race, par exemple, devrait poser problème. Ce terme, qui n’a plus de justification autre que racialiste depuis le XIXème siècle, c’est-à-dire depuis l’époque où l’on sait que les races humaines n’existent pas, est couramment utilisé en anglais américain, notamment pour définir les origines ethniques des individus lors des recensements par exemple.
En politique, le facteur ethnique (ou le facteur « racial », selon la presse et les divers commentateurs) est de prime importance. Cette semaine, la presse parle du vote hispanique, du vote noir, et du vote amérindien.
Le vote hispanique peut bien entendu être un des facteurs décisifs, du moins dans certains états, ceux du sud-ouest surtout, puisque la communauté est aujourd’hui – et ce depuis quelques années – la plus nombreuse des minorités ethniques aux Etats-Unis. Les candidats courtisent donc ces électeurs. Un sondage récent indique que 47% des Hispaniques voteraient pour Obama, 22% pour McCain. Ce qui laisse une bonne partie de ces électeurs non encore décidés.
Cependant, toute tentative d’explication du vote hispanique peut donner lieu à des simplifications trompeuses. En effet, la communauté hispanique n’est pas véritablement une communauté. Certes, la présence croissante de l’espagnol dans l’environnement sonore et visuel des lieux publics, là encore surtout dans les états du sud-ouest, peut donner l’impression d’une communauté unie qui grandit et colonise la communauté anglophone encore dominante. L’hispanisation de l’environnement quotidien américain ne laisse pas de surprendre le visiteur. Pourtant, l’histoire de la présence des Latinos aux Etats-Unis est complexe, et loin d’être un facteur d’unification.
Si aujourd’hui, le commun des électeurs a tendance à penser aux Hispaniques comme des immigrants clandestins mexicains, de très nombreux hispaniques ont une histoire américaine de longue date, qui précède même celle des anglophones. Les territoires des états de Californie, du Nevada, du Nouveau Mexique, de l’Arizona, du Texas, du Colorado furent colonisés par les Espagnols, qui devinrent Mexicains en 1821, avant de devenir Etats-Uniens en 1848.
Il est très possible que les descendants de ces premiers colons, qui sont nés aux Etats-Unis et y ont toujours vécu, aient des préoccupations aujourd’hui qui recoupent en partie celles des membres de la classe dominante anglophone, notamment vis-à-vis de l’immigration. La question de l’assimilation ne se pose pas non plus dans les mêmes termes pour ces électeurs que pour ceux qui ont été naturalisé.
Dans les élections précédentes, dans lesquelles le facteur religieux avait une place prépondérante, de nombreux Hispaniques, catholiques, votaient pour le candidat républicain, qui semblait être, d’un point de vue religieux, le plus moral. Les néo-conservateurs, certes, n’étaient pas catholiques, mais leur condamnation de l’avortement, du mariage gay et lesbien, etc., etc., rassemblaient tous les conservateurs religieux, quelle que soit leur dénomination.
Cette année, au point où en est la campagne aujourd’hui, les fondamentalistes semblent avoir perdu de leur influence, tout du moins sur les candidats. John McCain, qui ne se réclame guère de la présidence actuelle, n’a pas encore focalisé son discours sur les questions qui motivent souvent le vote de ces nombreux électeurs pour qui la morale religieuse passe avant l’augmentation du prix des carburants ou du lait.
Le fait religieux sera donc, peut-être, moins déterminant dans le vote hispanique.
En revanche, ce qui peut prendre davantage de place, c’est justement le facteur ethnique. Certaines tensions existent toujours entre la communauté hispanique et la communauté noire. Par ailleurs, bien que le gouverneur Richardson, du Nouveau Mexique, -- et par ailleurs superdélégué du parti démocrate – ait exprimé très tôt son soutien au candidat Obama dans la course à l’investiture, la communauté hispanique a largement voté pour Hillary Clinton.
En bref, la campagne en ce moment, se focalise beaucoup sur des questions de couleur de peau, d’origines ethniques, assez peu encore sur des questions géopolitiques ou économiques.
Dans de prochains envois, je rendrai compte de ce qu’on lit et entend à propos du vote noir et de celui des amérindiens.
Adishats
Tuesday, July 15, 2008
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2 comments:
Aw, c'mon! Don't you know Americans only know English? Mostly the poorly-written variety?
I am sorry, this blog was first intended to my friends in France, but since they can read English, I will try to write the rest in English.
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